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Emmanuel Auboyneau
01/02/2021

L’économie mondiale est de nouveau affectée par la pandémie du coronavirus, mais dans une bien moindre mesure qu’au premier trimestre 2020.

La résurgence de la pandémie de la Covid 19 et l’apparition de variants plus contagieux entraînent des mesures de reconfinement dans plusieurs pays, particulièrement en Europe. Cette séquence va pénaliser à court terme l’économie mondiale et repousse de quelques mois notre scénario de fort rebond post-covid.

Le quatrième trimestre 2020 subit déjà le contre-coup de cette seconde vague. Mais les conséquences sur l’économie sont beaucoup plus mesurées que début 2020. La croissance ralentit légèrement aux Etats-Unis avec un produit intérieur brut (PIB) en progression de +4%. C’est la consommation, en hausse « seulement » de 2,5%, qui déçoit durant le trimestre. En revanche, l’investissement des entreprises semble prendre le relais, ce qui est une bonne nouvelle pour la croissance future.

En Europe, le dernier trimestre 2020 a été encore davantage affecté. Par exemple, en France, le PIB a reculé de 1,3%. Cela reste une bonne surprise par rapport au consensus qui prévoyait -4%. La consommation française a rebondi de 23% en décembre, laissant augurer selon nous du potentiel de rebond une fois la crise sanitaire terminée.

Nous envisagions dans nos dernières publications un choc de croissance mondiale après un premier trimestre 2021 incertain. Ce scénario devrait être décalé d’un temps qui sera fonction de la vitesse de la campagne de vaccination. Ce simple décalage ne remet pas en cause cette conviction d’une embellie économique grâce à trois moteurs puissants : la consommation, l’investissement et le commerce.

En attendant, tout un pan de l’économie mondiale lié aux services reste sous pression. En dépit des mesures de soutien dans beaucoup de pays, de nombreux acteurs de ces secteurs auront du mal à se remettre et devront se réinventer. En revanche, la partie industrielle de l’économie mondiale ne semble pas impactée à l’heure actuelle. De même, l’immobilier reste généralement à des niveaux élevés.

Le soutien des Banques Centrales et des gouvernements reste un filet de protection efficace. Le plan de relance de Joe Biden aux Etats-Unis sera un vrai appel d’air pour l’économie américaine. Le plan européen, si long à être implémenté, aura un effet similaire. Quant aux Banques Centrales, elles ont récemment réaffirmé leur biais accommodant pour encore plusieurs trimestres.

Un grand vainqueur se dégage depuis qu’a débuté cette catastrophe sanitaire : la Chine. Il peut paraître incongru, voire choquant que le pays duquel est parti le virus soit le gagnant de cette séquence, mais les faits sont incontestables. La croissance chinoise est aujourd’hui supérieure à son niveau d’avant crise, tant pour l’industrie que pour les services. La Chine n’a en outre rien perdu de son avantage commercial en dépit des coups de boutoir de l’ancien président Trump qui a clairement échoué dans sa tentative de rééquilibrage. L’Asie, globalement, bénéficie de ce moteur chinois.

Ce décalage de notre scénario et la résurgence des incertitudes sanitaires pourraient provoquer de nouveaux épisodes de volatilité sur les marchés financiers. L’expérience du premier trimestre 2020 nous encourage à garder le cap en nous concentrant sur les valeurs de qualité. Elle nous conforte également dans notre mouvement progressif de diversification internationale. L’accumulation de cash plaide pour considérer les baisses éventuelles des actions comme des opportunités d’achats.